Thales Alenia Space se taille la part du lion des nouveaux contrats Copernicus

WASHINGTON – Thales Alenia Space (France et Italie) a remporté la plus grande part des contrats principaux que l’Agence spatiale européenne a attribués le 1er juillet pour le développement de six nouvelles missions du satellite Copernicus.

Au total, Thales Alenia Space s’est vu confier le rôle de chef de file pour le développement de trois des six missions d’observation de la Terre prévues, un contrat totalisant plus de 1,4 milliard d’euros (1,6 milliard de dollars). Les missions dirigées par Thales utiliseront un radar à synthèse d’ouverture, l’imagerie hyperspectrale et la radiométrie micro-ondes pour surveiller les océans et les masses terrestres de la Terre afin de suivre l’humidité des sols, la salinité des océans et les concentrations de glace de mer, entre autres variables.

Airbus Defence and Space, qui a remporté un contrat de 675 millions d’euros pour ses divisions allemande et espagnole, a remporté un contrat de 675 millions d’euros pour des missions qui utiliseront un mélange d’altimétrie radar, de radiométrie micro-ondes et d’imagerie infrarouge thermique pour surveiller l’épaisseur de la glace de mer et la température de la surface terrestre.

OHB Space Systems, en Allemagne, a quant à elle remporté un contrat de 445 millions d’euros pour diriger le développement d’une mission qui utilisera des spectromètres dans le proche infrarouge et l’infrarouge à ondes courtes pour surveiller l’impact de l’activité humaine sur le dioxyde de carbone atmosphérique.

Les 2,55 milliards d’euros de contrats attribués donnent le coup d’envoi de la phase de conception clé des six missions, qui devrait déboucher sur une décision de passer au développement complet entre le milieu et la fin de 2021.

Vous trouverez plus de détails sur les missions sélectionnées et sur la manière dont elles s’inscrivent dans le programme européen Copernicus dans son ensemble dans le communiqué de presse publié par l’ESA le 3 juillet :

Marchés attribués pour le développement de six nouvelles missions Copernicus

Suite à l’engagement financier des États membres de l’ESA lors du Conseil au niveau ministériel Espace19+ de novembre dernier, le comité de politique industrielle de l’ESA a approuvé des contrats d’un montant total de 2,55 milliards d’euros pour faire avancer le développement de six nouvelles missions de satellites Copernicus, chaque mission comprenant deux satellites, un développement et une unité récurrente.

Le paquet global est cofinancé par les États membres de l’UE et de l’ESA, et dépend du financement futur du cadre financier pluriannuel de l’UE.

L’approbation donne le feu vert pour lancer les contrats industriels pour les six missions. Toutefois, deux étapes importantes doivent être franchies avant que les missions puissent être pleinement développées : un accord entre l’ESA et l’UE pour la partie du programme cofinancée par l’UE, et une décision positive de la CE ainsi que des États membres de l’ESA/UE de passer de la phase B2 à la phase C/D.

Ce point de décision est prévu pour le second semestre 2021.

Copernicus est le plus grand fournisseur de données d’observation de la Terre au monde. Alors que l’UE est à la tête de ce programme de surveillance de l’environnement, l’ESA développe, construit et lance les satellites correspondants. Elle exploite également certaines des missions et assure la disponibilité des données provenant de missions de tiers.

Copernicus est souvent cité comme un exemple parfait de la manière dont la Commission européenne et l’ESA peuvent collaborer avec succès dans l’espace, en utilisant parfaitement leurs atouts respectifs.

La série actuelle de missions Sentinel est au cœur du programme. Les données des Sentinelles alimentent les services Copernicus, qui aident à relever des défis tels que la sécurité alimentaire, la pollution atmosphérique, la hausse du niveau des mers, la diminution de la glace polaire, les catastrophes naturelles et, surtout, le changement climatique.

À l’avenir, six missions candidates hautement prioritaires viendront renforcer les capacités actuelles des Sentinelles et combler les priorités politiques de l’UE et les lacunes dans les besoins des utilisateurs de Copernicus.

Les nouveaux contrats industriels donnent maintenant le coup d’envoi des phases de conception clés (phase B) pour ces six missions.

La mission de surveillance du dioxyde de carbone anthropique Copernicus, CO2M transportera un spectromètre dans le proche infrarouge et l’infrarouge à ondes courtes pour mesurer le dioxyde de carbone atmosphérique produit par l’activité humaine. OHB-System Germany dirigera le développement avec un contrat d’une valeur de 445 millions d’euros.

La mission d’imagerie hyperspectrale Copernicus, CHIME, transportera un imageur hyperspectral pour renvoyer des informations détaillées en vue d’une gestion durable de l’agriculture et de la biodiversité. Thales Alenia Space France dirigera le développement avec un contrat d’une valeur de 455 millions d’euros.

Le radiomètre à micro-ondes Copernicus Imaging, CIMR, transportera un radiomètre à micro-ondes qui permettra d’observer la température de la surface de la mer, la concentration de la glace de mer et la salinité de la surface de la mer. Thales Alenia Space Italie dirigera le développement avec un contrat d’une valeur de 495 millions d’euros.

L’altimètre polaire Copernicus pour la topographie des glaces et des neiges, CRISTALLa mission transportera un altimètre radar multifréquence et un radiomètre à micro-ondes pour mesurer et surveiller l’épaisseur de la glace de mer et la profondeur de la neige sus-jacente. Airbus Defence and Space Germany dirigera le développement de cette mission, dont la valeur du contrat s’élève à 300 millions d’euros.

La mission LSTM de surveillance de la température de la surface terrestre de Copernicus transportera un capteur infrarouge thermique à haute résolution spatio-temporelle pour fournir des observations de la température de la surface des terres pour une agriculture durable et pour prévoir la sécheresse. Airbus Defence et Space Spain dirigeront le développement avec un contrat d’une valeur de 375 millions d’euros.

Le radar à ouverture synthétique en bande L, ROSE-L, mission transportera un altimètre radar synthétique en bande L qui pénètre à travers des matériaux tels que la végétation, afin de soutenir la gestion des forêts et de surveiller la subsidence et l’humidité du sol. Thales Alenia Space Italie dirigera le développement avec un contrat d’une valeur de 482 millions d’euros.

Le directeur général de l’ESA, Jan Wörner, a déclaré : “Le programme européen Copernicus et les missions Sentinel jouent un rôle essentiel dans la fourniture de données gratuites et ouvertes pour la gestion de l’environnement, car nous sommes préoccupés par des questions telles que le changement climatique.
“Ces nouveaux contrats sont la prochaine étape pour garantir que la famille des satellites Copernicus s’agrandit pour fournir des informations vitales qui, à terme, contribueront à protéger l’environnement et les citoyens”.

Le directeur général adjoint pour l’espace de la Commission européenne, Pierre Delsaux, a déclaré : “Copernicus est une réussite européenne et la coopération entre la Commission européenne et l’ESA est exemplaire dans la mise en œuvre de ce programme.

Ces nouvelles missions du satellite Copernicus fourniront non seulement des informations essentielles aux citoyens et aux décideurs européens pour soutenir la mise en œuvre du “Green Deal” européen, mais aussi pour contribuer davantage à l’Agenda numérique de l’UE”.

Josef Aschbacher, directeur des programmes d’observation de la Terre à l’ESA, a ajouté : “Ces contrats pour le développement des missions hautement prioritaires constituent également une étape vraiment importante pour l’industrie dans nos États membres, d’autant plus que nous vivons à l’époque de COVID-19 où il y a beaucoup d’incertitudes.

“Nous attendons maintenant aussi avec impatience le second semestre de l’année prochaine, à la fin de la phase B2 de développement, lorsque nous espérons obtenir l’engagement de l’UE et de nos États membres à développer pleinement ces nouvelles missions passionnantes”. [ESA]