MDA va construire un bras robotique pour la passerelle lunaire

WASHINGTON – L’Agence spatiale canadienne a annoncé le 26 juin qu’elle prévoyait d’attribuer un contrat à MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) pour la construction d’un bras robotique qui sera la contribution du Canada à la Porte lunaire.

L’accord porte sur le développement de ce que l’agence appelle le Canadarm3, qui est un système robotique global pour la passerelle plutôt qu’un simple bras robotique. Il comprend un bras de 8,5 mètres de long ainsi qu’un second bras plus petit mais plus habile. Le système comprend également un ensemble d’outils spécialisés et intègre des technologies d’intelligence artificielle pour permettre des opérations sans contrôle humain.

L’agence n’a pas divulgué la valeur du contrat, qui n’a pas encore été officiellement attribué. Elle n’a pas non plus donné de calendrier ferme pour le développement du Canadarm3. “L’Agence spatiale canadienne travaille activement avec ses partenaires pour définir l’architecture de la passerelle et déterminer quand le Canadarm3 sera nécessaire au milieu des années 20”, a déclaré l’agence. “La date exacte de lancement dépend du calendrier global de la passerelle”.

Le choix de MDA, cependant, n’est pas surprenant. L’entreprise a construit le Canadarm original pour la navette spatiale et le Canadarm2 et le manipulateur Dextre actuellement en service sur la Station spatiale internationale. MDA, qui faisait auparavant partie de la société américaine Maxar, a été vendue à des investisseurs canadiens dans le cadre d’un accord conclu en avril.

Les responsables du gouvernement canadien ont présenté ce projet comme un moyen de maintenir le pays à l’avant-garde de la robotique spatiale. “Notre gouvernement s’est engagé à assurer l’avenir de l’exploration spatiale et à faire en sorte que le Canada reste un leader mondial de la robotique spatiale”, a déclaré Navdeep Bains, ministre de l’innovation, des sciences et de l’industrie, dans la déclaration relative au contrat. “Notre engagement à contribuer au Canadarm3 de la Porte lunaire générera des emplois de haute qualité et des retombées économiques pour les Canadiens tout en garantissant que notre industrie spatiale continue à être en tête et à se développer”.

Le programme Canadarm3 intégrera également un programme gouvernemental plus large appelé Politique des retombées industrielles et technologiques, qui encouragera l’utilisation d’autres entreprises canadiennes dans le cadre de la chaîne d’approvisionnement du programme.

Le gouvernement canadien a annoncé son intention de coopérer sur la passerelle lunaire en février 2019 en construisant le Canadarm3, ce qui en fait le premier pays à s’engager à participer au programme Gateway dirigé par la NASA. Le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré que le pays dépenserait 2,05 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard de dollars) sur 24 ans pour les initiatives lunaires. Cela comprenait le Canadarm3 et le Programme d’accélération de l’exploration lunaire, un effort gouvernemental visant à dépenser 150 millions de dollars canadiens sur cinq ans pour soutenir les initiatives scientifiques et technologiques liées à l’exploration lunaire.

Au moment de l’annonce de Trudeau, la passerelle devait être achevée à temps pour permettre un alunissage humain d’ici 2028. Un mois plus tard, cependant, le vice-président américain Mike Pence a déclaré lors d’une réunion du Conseil national de l’espace qu’il ordonnait à la NASA d’accélérer l’atterrissage jusqu’en 2024, mettant ainsi les plans de développement de la passerelle dans les limbes.

Les responsables de la NASA ont réitéré que la passerelle, y compris le Canadarm3, fait toujours partie de ses plans d’exploration lunaire à long terme. Bien que la NASA ait récemment proposé de lancer les deux premiers modules de la passerelle, l’élément de puissance et de propulsion (PPE) et l’avant-poste d’habitation et de logistique (HALO), comme un seul élément en 2023, l’agence ne peut pas l’utiliser pour son atterrissage prévu en 2024, Orion devant plutôt s’amarrer directement à l’atterrisseur lunaire en orbite lunaire.

L’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, s’est félicité de l’annonce du contrat. “Je suis ravi d’entendre cette nouvelle de la passerelle de notre [Canadian Space Agency] partenaires !” a-t-il tweeté. “Le soutien international est essentiel pour établir une exploration lunaire durable plus tard dans la décennie dans le cadre du programme Artemis”.

Outre le Canada, l’Europe et le Japon ont annoncé leur intention de participer à la passerelle en fournissant des modules supplémentaires. La Russie a envisagé de développer un module de sas pour la passerelle, mais ne s’est pas encore formellement engagée à participer.